Episode 2 : « La République au cœur de l’engagement »
Alors que les campagnes présidentielles des différents candidats au poste de Président de la République se mettent en branle, The Next Generation lance sa série « Les jeunes dans la politique ». Succession d’interviews des sections jeunes issues des différentes mouvances politiques françaises, cette série veut avant tout mettre en valeur une partie de la génération Y qui veut croire en la politique, et qui s’y investit avec l’espoir de rendre le monde plus agréable à vivre.
Adrien Baron est président départemental du mouvement des jeunes radicaux, directement rattaché au plus vieux parti de France : le Parti Radical. Il a accepté de rencontrer l’équipe de The Next Generation pour raconter son histoire, et apporter quelques éléments de réponse aux mines perplexes se demandant ce qu’est, au juste, le Parti Radical.
C’est donc au sein de la permanence du parti à Saint-Sébastien-sur-Loire, que nous retrouvons Adrien.
The Next Generation : Comment t’es-tu découvert cette vocation politique ?
Adrien Baron : J’ai toujours été intéressé par la chose publique. Déjà tout petit, je voulais faire de la politique. En 2008, pour les élections municipales, j’ai apporté mon aide pour une campagne en tant que simple citoyen. Isabelle Mérand, qui est conseillère municipale dans la commune de Saint-Sébastien-sur-Loire, mais aussi vice-présidente nationale du Parti Radical, m’a repéré lors de cet évènement. Elle m’a ensuite recontacté quelques temps après pour me proposer de monter une équipe jeune au niveau régional, qui allait devenir les Jeunes Radicaux.
Le Parti Radical n’est pourtant pas très connu, pourquoi avoir choisi cette formation politique ?
Pour être franc, le mot « radical » me faisait un peu peur. Je savais que c’était entre autre un parti porté sur la laïcité, et j’étais un peu dérangé par l’idée d’une « laïcité violente ». Mais Isabelle Mérand m’a rassuré, et son projet de Jeunes Radicaux m’a beaucoup plu. C’était l’occasion de me lancer véritablement dans la politique. Le Parti Radical est un parti d’influence de centre droit : il y a peu de députés, mais ils sont capables de faire corps pour influencer un débat. Il est souvent à l’origine des grandes orientations de la société, comme le service civique proposé pour les jeunes, l’IVG, le grenelle de l’environnement, etc.
Et vous arrivez à attirer du monde ?
Au début, c’étaient surtout des filles et fils de. Au total, on devait être une quinzaine de Jeunes Radicaux, entre 16 et 30 ans. Et puis j’en ai parlé autour de moi, à mes amis. Plusieurs d’entre eux ont à leur tour adhéré, on s’est tous sentis boostés. Aujourd’hui, en Loire-Atlantique, nous sommes environ 30-40 jeunes, dont 15 très actifs, que je peux solliciter n’importe quand. On a même réussi à attirer des Jeunes populaires (UMP) !
Niveau emploi du temps, comment ça se passe ?
C’est assez chargé. Aux Jeunes Radicaux, j’ai plusieurs rôles : j’essaye de mettre un peu de dynamisme en organisant des évènements ponctuels : cela va du tractage aux cafés politiques avec des cadres du parti comme Yves Jégo, Jean-Louis Borloo ou Rama Yade. Je représente également les jeunes et leurs intérêts dans la structure. A ce titre, nous sommes très écoutés par les ainés. Certains d’entre nous intègrent même les équipes de campagne. Et puis je rencontre les nouveaux adhérents pour discuter un peu avec eux du parti et de leur intégration. C’est très convivial, et ça nous a d’ailleurs valu le surnom de « Radicaux cassoulets » ! J’ai aussi créé une entreprise de communication politique avec deux associés, qui proposera par exemple des pactes aux candidats pour les législatives. A côté de ces activités politiques, je suis en plein dans les études. J’ai réussi un master 1 en sciences politiques, et là je fais un autre master 1 en droit environnemental. J’ai préféré éviter de faire un master 2, qui est un gros diplôme, pour pouvoir consacrer 2012 à la politique.
Tu envisages de faire carrière là-dedans ?
Je dois avouer que ça me plairait bien. Le Sénat est une institution qui me tient particulièrement à cœur, car c’est selon moi une garantie pour la stabilité de la République. Les débats y sont constructifs, consensuels, contrairement à l’Assemblée nationale où il s’agit davantage de joutes verbales. J’apprends beaucoup sur la politique en accompagnant Isabelle Mérand sur le terrain. Avec le Parti Radical, on aimerait organiser un grand débat à travers un « diner de la République », à l’échelle de la Loire-Atlantique.
Selon toi, c’est quoi le radicalisme ?
Pour moi, être radical, c’est le fait de placer l’intérêt de la République, qui est indivisible, démocratique, laïque et sociale, avant tout. Ne rien lâcher sur ces quatre thèmes. Mettre la République au cœur de l’engagement. Georges Clémenceau disait : « Le radicalisme tient en un mot : la République ». Ca me fait mal au cœur de voir le Front National utiliser les symboles de la nation pour diviser les gens. Maintenant, si on arbore un drapeau tricolore, on est pris pour un extrémiste. Tout le monde peut venir embrasser la République, je suis contre le fait d’avoir peur de l’étranger.
Qu’est-ce que propose le Parti Radical pour améliorer la situation des jeunes ?
Notre parti a mis en place des ateliers régionaux. Par exemple, la région Pays de la Loire a hérité des thèmes du développement durable et de la cohésion sociale. Il s’agit d’enrichir le manifeste du Parti Radical. C’est un parti qui a toujours eu une position assez progressiste. Nous sommes par exemple favorable au mariage homosexuel. Comme je l’ai dis, il y a 30 ans, nous parlions d’un grenelle pour l’environnement. Et il y a 60 ans, nous étions pour l’IVG. En ce qui concerne les jeunes, nous avons lancé une initiative sur Facebook, qui s’appelle « Manifeste-toi ». Nous faisons des propositions aux jeunes sur plusieurs thématiques : le logement, la santé, etc. Ceux-ci votent pour celles qu’ils jugent les plus importantes. Par exemple, pour la santé, nous proposons que chaque jeune bénéficie d’un chèque de 50€ par an pour aller chez le médecin, car on a remarqué qu’ils n’ont pas forcément les moyens de se payer une consultation. Nous aimerions aussi que la prévention sexuelle soit plus ancrée à l’école, au lieu d’un banal cours d’éducation sexuel. Au final, les dix propositions qui remportent le plus de suffrages feront l’objet d’un pacte pour les élections. Environ 150 personnes ont déjà voté en une semaine, c’est pas mal.
Qu’as-tu envie de dire à un jeune qui voudrait s’engager dans la politique ?
D’abord je lui dirais que toute voix est importante, il pourra dire : « Moi, je pense que .. ». La politique lui apprendra beaucoup de choses sur les relations humaines. On apprend aussi énormément sur ce qui se passe au jour le jour. Je veux dire par là qu’on se rend compte des problèmes des gens. Je suis de ceux qui pensent que l’engagement politique peut encore changer les choses. Et puis la politique, c’est aussi de nouvelles amitiés, de bons moments, beaucoup de convivialité. Ca fait du bien d’être avec des gens qui partagent les mêmes valeurs, et pas que des choses superficielles comme par exemple le tout dernier Iphone.
Baptiste Duclos
Pour aller plus loin :
Le site des Jeunes Radicaux de Loire-Atlantique






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